HISTOIRE DE LA COLLINE DE BOURLÉMONT DE 1900 Á 1938

LA CRÉATION D'UNE CONFRÉRIE

Le 3 mai 1911 est créée la Confrérie ‘’Des Pèlerins de Notre Dame du Haut’’. Elle a été « érigée canoniquement » par Mgr GAUTHEY, archevêque de Besançon. Elle a pour but de promouvoir et de répandre le culte de la Sainte Vierge. Pour en faire partie et bénéficier de « ses avantages spirituels » il faut :
« 1- être inscrit sur le Registre par les soins du chapelain
2- ajouter chaque jour à la prière du soir un Je vous salue, Marie, avec l'invocation : Notre Dame du Haut, priez pour nous, verser une fois pour toutes (on est inscrit à perpétuité) la somme de 20 francs au moins pour l'entretien de la chapelle et pour les honoraires des messes mensuelles du premier samedi.
»
Ce versement donne droit à un abonnement gratuit d’un an au journal ‘’L’Écho de Notre Dame du Haut’’. Il parait le 15 du mois avec un tirage de 1200 exemplaires environ. Il constitue le trait d’union entre les amis, les pèlerins et la vie religieuse au sanctuaire Notre Dame du Haut. Vers 1938 la Confrérie compte plus de 3.000 membres.

Acte de création de la confrérie Exemplaire signé du curé Morel L'Echo de Notre Dame du haut

L'INCENDIE DE LA CHAPELLE EN 1913

Le samedi 30 août 1913, vers 11 heures, un violent orage de pluie et de grêle se déchaine sur la région et la colline de Bourlemont est aux premières loges. Un aussi violent coup de tonnerre éclate au-dessus du sanctuaire. Quelques instants plus tard des cris d’appel et de désespoir résonnent et parviennent au centre de Ronchamp : ce sont le gardien et ses voisins qui appellent à l’aide. La foudre vient de s’abattre sur le clocher central surmonté d’une imposante statue de la Vierge recouverte de zinc. Cet évènement était prévisible par l’absence de paratonnerre, les cinq clochers étant aussi couverts en zinc. L’abbé BELOT, témoin et acteur, raconte cet évènement :

« Je sortis sans retard... Du dôme central, immédiatement au-dessus du balcon, s’élevant à 30 mètres de hauteur la Vierge monumentale, sortait une fumée épaisse comme celle d'une cheminée d'usine. Plus de doute, la foudre était tombée sur la chapelle ! Donner l'alarme, prévenir M. le Maire, faire sonner le tocsin, fut l'affaire d'un instant.
- Vingt minutes après j'étais en Haut.
- Le Saint Sacrement est-il sauvé ?
- Oui. me répondit l'excellent gardien. Je l'ai porté chez nous.
- Merci ! Et la Madone ?
- La voici ! me répondit Louis Begey, le jeune sacristain de l'église paroissiale.

Plus agile que moi, il avait couru avec Auguste Glantzmann, autre voisin de la cure. Et, ensemble ils avaient descendu de son trône la précieuse relique. Nous étions seuls encore ; mais, tout près, arrivaient quelques jeunes, montés rapidement au sortir des usines, puis, toute une bande d'enfants, avec les gendarmes, puis, des jeunes filles et des femmes. Que faire, sans pompe et sans eau ? Je songeai à sauver la statue de Notre-Dame de Pitié et son autel ; mais, sous la poussée d'un vent extrêmement violent, les flammes venaient de s'étendre en un clin d'œil : tout le clocheton central était en feu. En dessous, les lattes et le plâtre ouverts laissaient tomber des tisons embrasés. Je redoutai une catastrophe.
- Je vous défends d'entrer ! Dis-je résolument. Le danger est trop grand. Et je me mis sur la porte pour monter la garde. Un instant après, le plafond s'effondrait tout entier, apportant l'incendie au centre de l'édifice. Les quatre autres clochetons s'allumèrent successivement. La toiture de zinc fondait sous la chaleur. Des tuyaux de descente coulait le métal en fusion. Bientôt, on ne vit plus au sommet que les bois ardents dont le vent faisait ronfler les flammes en un vacarme d'enfer. Tout à coup, la charpente du clocheton portant la Vierge encore intacte, s'inclina vers l'est. Ce fut, dans la foule, devenue plus intense, un cri d'angoisse. Pendant quelques minutes, longues ainsi que des siècles, sous la pluie et la tempête qui faisaient rage, la Madone, comme pour nous dire adieu, resta penchée vers nous... puis, ce fut l'effondrement lamentable, en plein feu et en pleine chapelle.

Mais, voici que le fléau a dévoré les quatre autres clochetons. Leurs charpentes de chêne s'écroulent l'une après l'autre à l'intérieur des murs. Deux des anges de fonte qui les couronnent tombent au dedans, deux autres au dehors. Dans leur chute, ils n'ont perdu que leurs ailes, brisées sous le choc. Et aujourd'hui, on peut les voir debout au milieu de nos ruines. De la Madone géante, toute en bois de chêne recouvert de zinc qui surmontait l'édifice et attira la foudre, il ne reste, avec les armatures de fer, qu'une partie de l'avant-bras droit et un morceau de la main gauche, reliques pieusement recueillies par des habitants de Ronchamp. Il est une heure à peine. Les murs du sanctuaire renferment un immense brasier, alimenté par les bois de la toiture et du plafond, du plancher, de l'autel de Notre Dame de Pitié, d'un autel portatif, de l'orgue, de la tribune, du confessionnal, de la chaire, des bancs et des chaises, de l'escalier qui conduisait au balcon de Notre Dame...

La température devient insupportable aux abords de l'incendie. Par l'ouverture qui donne communication avec la petite chapelle, la chaleur se fait sentir si intense que les bougies fondent sur l'autel et que personne ne peut approcher... O Notre-Dame du Haut, voici l'heure du danger suprême ! Du moins, gardez-nous l'antique et vénéré sanctuaire ! La pompe communale vient d'arriver, grâce aux soins actifs de M. le Maire. Hélas ! Elle n'a pas de tuyau d'aspiration (1). Et il faut que, seau par seau, on extraie du puits profond de Madame Robert et de celui de la chapelle, les quelques mètres cubes d'eau qu'ils contiennent. Tout le monde est à la chaîne...Un vitrail du bas est brisé. C’est par là qu’on éteint les flammes qui vont gagner les boiseries du vieux sanctuaire. Il est possible, cette fois, d’approcher. M. Cardot, le peintre bien connu, a l'heureuse idée de faire obstruer l'ouverture par un mur de terre et de gazon, tandis que M. Bick et ses ouvriers gardent le toit du petit édifice dont tout le mobilier avait été mis en sûreté. À deux heures, la petite chapelle était sauvée en entier. »

« De la grande chapelle, bâtie, il y a environ soixante ans par l'abbé Vauchot, il ne reste que les murs encore debout, mais calcinés. Tout le mobilier a disparu : plus rien de l'autel, ni de la statue de Notre-Dame de Pitié ; plus rien de l'orgue, du confessionnal, de la chaire, de la tribune, des vitraux. Tombée et brisée, la grande plaque commémorative du grand pèlerinage de 1873. Tombés et brisés, la plupart des ex-voto. Ceux qui restent s'effriteraient sous la main d'un enfant. Jusqu'à ce jour, et tant que les experts n'auront point passé, nous ignorerons ce que sont devenues les sépultures de Monsieur Faivre et de M. Vauchot. Ordre est donné de ne point toucher aux décombres. C'est notre espoir que le ciment du dallage aura préservé le corps de M. Vauchot. Mais la sépulture de M. Faivre a-t-elle été préservée des flammes, en cet endroit très intenses ? »

(1)Suite à un article paru dans un journal régional concernant ce manque de tuyau, le Maire de la commune (Octave BEURET) apporta un démenti : « Dans les détails complémentaires sur l’incendie de la Chapelle de Ronchamp, donnés dans votre numéro du 1er septembre, votre correspondant se trompe, quand il dit qu’il n’y a pas de sapeurs-pompiers à Ronchamp. Population presque exclusivement composée de mineurs, de mécaniciens, d’ouvriers du bâtiment, tous sont sapeurs-pompiers à l’occasion, et ni les connaissances techniques, ni le courage et le dévouement ne leur font défaut ; ils le prouvent assez en toute circonstance, par la rapidité et la sureté avec lesquelles ils organisent et conduisent le sauvetage dans l’extrême limite du possible, sans qu’il y ait besoin pour cela de commandements brefs. Il se trompe également quand il dit que la pompe est arrivée sur le lieu du sinistre sans tuyau d’aspiration. Cette pompe avait, comme d’habitude, son matériel et ses accessoires complets, seulement, elle fait moins de miracles que la vierge et elle n’a pas pu aspirer l’eau où il n’y en avait point. Néanmoins, malgré la distance à laquelle il fallait en aller chercher, elle a tout de même contribué, dans une bonne mesure, au sauvetage d’une partie de l’édifice. » (Le Petit Comtois du 4 septembre 1913).

La chapelle avant l'incendie Chapelle après l'incendie Autre vue après l'incendie

UNE NOUVELLE CHAPELLE

Le jour même l’abbé BELOT envoie une dépêche à Mgr l’Archevêque pour le prévenir de son malheur. Le 2 septembre la statue est remise en place sur son trône et il dit sa messe devant « l’élite de ses paroissiennes ». Rapidement des résolutions sont prises : maintenir le pèlerinage du 8 septembre, continuer le culte de Marie et le service des messes de la semaine dans l’ancien sanctuaire, reconstruire un sanctuaire plus spacieux et enfin ouvrir une souscription publique pour son financement. L’abbé Morel, chapelain, se charge du projet. Il parcourt la région à la recherche de souscripteurs et fait dresser des plans. Un somptueux projet est soumis à l'approbation archiépiscopale par l'architecte BROUTCHOUX. Ce projet de nouvelle chapelle a certaines similitudes avec le Sacré Cœur de Montmartre. Les travaux devaient commencer mais le tocsin de la mobilisation générale du 1er août 1914 arrête tout. L’abbé MOREL doit rejoindre son affectation et le curé BELOT garde un œil sur la chapelle. Régulièrement il stimule la souscription qui atteint 48 000 francs le 11 novembre 1918 et 100.000 francs le 28 avril 1922. Démobilisé, l’abbé MOREL reprend son ministère sur la colline. L’augmentation des prix des matières premières et du coût de la main d’œuvre entraine l’abandon du projet.

Un nouveau projet moins imposant et plus harmonisé avec le sanctuaire préservé, est mis à l'étude et finalement approuvé par la Commission diocésaine d'architecture. Dans ce nouveau projet la partie préservée de l'incendie deviendrait le chœur du nouvel édifice comprenant un transept, une seule nef à trois travées. Un porche ajouré de grande taille compléterait le nouveau sanctuaire avec deux rampes d'accès en forme d'hémicycle dotées de plans inclinés rappelant en miniature ce que l’on voit à la Basilique de l’Immaculée Conception de Lourdes.

La chapelle incendiée est démolie. Dans son Manuel du Pèlerin, le curé BELOT ne dit pas un mot sur la pierre millésimée 1308. Il précise simplement ; « Une pierre du vieux sanctuaire maladroitement cachée ou supprimée lors des travaux accomplis par M. l'abbé Vauchot de 1843 à 1857, portait le millésime de 1308 ». Le premier à parler de cette pierre est l'abbé Vauchot en 1852 dans son livre '' L'Étoile brillante de Marie'' : «La chapelle de Notre-Dame-du-Haut, autrefois Notre-Dame-de-Bourlémont, porte le millésime de 1308. Ce millésime, reconnu authentique, est conservé dans les archives de la bibliothèque de la ville de Besançon ». Ce paragraphe est repris par le curé Belot dans son ouvrage de 1939 ''Le manuel du pèlerin''. Cette pierre millésimée n'a jamais été retrouvée lors de la reconstruction de la Chapelle en 1844 avec l'abbé Vauchot, ni après la guerre 1914/1918. En septembre 1953, les premiers travaux de la nouvelle chapelle Le Corbusier débutent. Le Corbusier a lu le ''Manuel du Pèlerin'' du curé Belot et il donne des instructions pour rechercher les vieilles pierres sous la forme d'une annotation dans la marge : « Wog, attention ! Lors de la démolition, rechercher vielles pierres ! ». André Wogenscky, architecte, était un collaborateur de Le Corbusier. Les vieilles pierres sont utilisées dans l'édification de la chapelle et dans la pyramide. Aucun document, ni témoignage écrit, n'attestent de la découverte de cette pierre. Si tel avait été le cas, cette pierre aurait été un magnifique témoignage de l'antiquité de ce lieu saint. Depuis de années, on veut nous faire croire que cette pierre a été insérée dans les murs de la chapelle ou dans le mur de la pose de la première pierre !

Les travaux commencent en juin 1922 avec la bénédiction de la première pierre. Le 22 octobre, le mal implacable qui le minait terrasse l’abbé MOREL en quatre jours. Le curé Lucien BELOT, curé de Gouhenans, est désigné d'autorité pour lui succéder comme chapelain. Il est secondé par son vicaire, l’abbé HENRIOT. Les travaux avancent promptement : le dallage de la nouvelle chapelle est terminé en juin 1923 et le porche en juillet. L’ancien curé de Ronchamp, le chanoine FAIVRE, repose dans un caveau sous le dallage du transept. En 1923, l’abbé BELOT et un aumônier polonais y descendent. Ils constatent la présence du corps qui n’a pas subi les violences de l’incendie. Par contre on n’a retrouvé aucune trace du corps de l’abbé VAUCHOT. En avril 1925, la maison GAUDIN (Paris) procède à la pose des grands vitraux du transept, suivie quelques mois plus tard de celle des vitraux de la nef. De robustes portes de chêne massif ouvragé terminent l'édifice.

Grand vitrail nord Grand vitrail sud Le Maître-autel et la vierge miraculeuse Les trois ogives du chœur La grande nef et le chœur

Les 4 séraphins en fonte sont réparés et restaurés. Deux sont installés sur les pignons du transept et les deux autres sur les piliers au-dessus du porche d’entrée. L’antique statue de Sainte Barbe a été retrouvée après l’incendie de 1913. Elle a été enchâssée au-dessus de la porte du transept côté Ronchamp. Deux confessionnaux fabriqués par la maison BAUDIQUEZ de Sancey sont installés aux bras du transept. Sur leur fronton sont gravées des inscriptions rappelant la délivrance du prisonnier André de la Côte. Le vitrail nord rappelle l’autorisation donnée en 1269 par l’archevêque de Besançon. Celui du sud est une sorte d’ex-voto de la guerre 14-18 honorant la paroisse. Dans l’aménagement de cette chapelle figure un harmonium servant à accompagner les chants. Le curé BELOT se posait la question : « fera-t-il place un jour à des orgues montées sur une tribune, au bas de la nef ? » En 1926, une chaire de pierre blanche à l'intérieur et les deux plans inclinés avec leurs rampes ajourées au dehors, achèvent la réalisation des projets de l'abbé MOREL. Le 5 juin 1926, jour de la Fête-Dieu, en présence de plus de douze mille personnes, l’archevêque de Besançon, Mgr HUMBRECHT, fait couler l’eau lustrale sur les murs de la neuve chapelle.

Le projet de chapelle en 1913 Plan de la façade principale Plan de la façade latérale Le porche de la nouvelle chapelle
Le porche en construction Vue du site en construction Les rampes d'accès en hémicycle La chapelle terminée

UN NOUVEAU CLOCHER ET LE RÉHAUSSEMENT DES MURS

Cette chapelle à peine terminée, le chapelain envisage d’autres projets plus onéreux encore. La partie ancienne s’harmonise très mal avec la nouvelle construction. Il prévoit l’édification d’un nouveau clocher de style néo-gothique relié au transept par un chœur tout en hauteur. Depuis 1926, un élève de Broutchoux, l'architecte GRASSER qui avait mené à bien les premiers travaux, est chargé d'étudier leur faisabilité. Il soumet un projet qui sera approuvé par l'archevêché quelques temps plus tard. Sa réalisation est confiée à la Société Française d'Entreprises de Paris qui s'engage à achever l'édifice en huit mois après la mise en chantiers pour un montant de 320.000 francs (de l’époque). Aussitôt les paroissiens s’émeuvent de voir disparaitre leur ancienne chapelle. Ce projet va se réaliser contre vents et marées. L’abbé BELOT s’engage à régler la somme en 5 tranches de 20% à l’arrivée de chaque palier d’un clocher de 34 mètres.

Le lundi de Pâques, 21 avril 1930, la première pierre est posée. Le Cardinal BINET délègue le chanoine CAMUSET, archiprêtre de Lure, pour la bénir. Sans doute affolé par la succession des échéances, l’abbé BELOT emprunte et arrive à percevoir des pèlerins fidèles, des paroissiens et des autres de 40 à 50.000 francs par an. Cette souscription ne sera pas encore close en 1940. L’ancienne cloche est descendue et installée dans un beffroi provisoire en attendant des jours meilleurs. Le vieux clocher est rapidement démoli et les pierres sont gardées pour la reconstruction du nouveau. Les travaux vont bon train malgré le temps pluvieux et le 31 août 1930 sont installés la croix rénovée, le coq et le paratonnerre. Puis c’est le tour de la sacristie, du logement du gardien et des murs du chœur préservé qui seront l’objet d’importants remaniements. Les fenêtres sont déplacées et refaites suivant un modèle plus stylisé. Les murs sont rehaussés à la hauteur de ceux de la nouvelle construction. Le gardien blanchit les murs de l’antique chapelle, remet en état les boiseries et aménage l’intérieur dans le même style que le nouvel édifice.

Plan façade latérale Démontage du clocher La chapelle et son nouveau clocher La chapelle terminée en 1930

DES NOUVELLES CLOCHES

Le 8 septembre 1935, au pèlerinage de la nativité, l’abbé BELOT annonce son programme : les cloches de Notre Dame devront sonner en 1936. Il faut des parrains et des marraines. On peut remplir ce rôle pour 2000 francs et avoir son nom écrit dans le bronze. En attendant, les pèlerins et paroissiens commencent à connaître le refrain et sentent passer le vent des futures quêtes!

La commande est passée aux célèbres établissements PACCARD d’Annecy-le-Vieux. Le curé BELOT, en cure à Challes-les-Eaux, assiste à la naissance des 2 cloches. Elles sont acheminées par chemin de fer en 6 jours. Le mercredi 12 août 1936 elles sont montées sur la colline en voiture à chevaux par un temps épouvantable et un chemin bourbeux. Le vendredi 14 août, l’ancienne cloche est montée au clocher et sonne l’Angélus. Ses deux jeunes sœurs sont fleuries, embaumées et enguirlandées pour la fête du lendemain. Le cardinal BINET devait assurer la bénédiction mais il est décédé le 15 juillet. C’est Mgr DUBOURG, alors évêque de Marseille, qui préside la fête de ce 15 août 1936. Le chanoine PIROLLEY qui l’accompagne fait la célébration des cloches en de grandes envolées oratoires.

L’ancienne cloche date de 1869 et donne la note mi. « Je m’appelle MARIE MARGUERITE FLORENTINE. J'ai été fondue en l'an 1869, sous l'administration de M. F. Ballay, maire de la commune de Ronchamp. Bénite par M J.-B. Faivre, curé de la paroisse. Fondue à Metz en 1869 par J. Goussel François, fondeur de Sa Majesté l'Empereur. N° 2069. J'ai eu pour parrains Jean-Baptiste Bourquin de Ronchamp et Constant Girod d'Aurière; pour marraines Marguerite Ballay de Recologne et Florentine Lançon de Mourière. » La petite donne la note fa. « Je m’appelle Anne-Marie Alfrède Bernadette. J’ai eu pour parrain Alfred-Marie-Martial Canet et pour marraine Annie-Marie-Léone-Alfrède Canet, de Ronchamp. » La moyenne donne la note fa dièse. « Je m’appelle Jeanne-Bernadette-Adèle-Françoise. J’ai eu pour parrain M. le Dr Chanoine Davranches de Nice, et pour marraine Mme Jeanne-Adèle Chanoine Davranches, née Comparois. »

Le rêve de l’abbé BELOT est enfin achevé. Du haut, il peut entendre les cloches de l’église paroissiale qui sont électrifiées et équipées d’un système automatique, et d’en bas, celles du nouveau sanctuaire dédié à la Vierge Marie. Cependant cette joie n’allait pas durer pour tous les paroissiens. Un mois plus tard, un groupe de pèlerins de Ronchamp est victime d’un accident de chemin de fer aux portes de Lourdes. Il y a des morts et des blessés graves dont l’abbé BELOT et les gardiens de la chapelle (famille CHIPPAUX). Le 6 mai 1938, Monseigneur DUBOURG érige solennellement le chemin de croix. C’est lui qui officiera le samedi 23 décembre 1950 pour les funérailles des 4 mineurs victimes d’une violente arrivée d’eau.

Les deux nouvelles cloches Jeanne-Adèle Chanoine Davranches Anne-Marie Alfrède Bernadette Le chemin de croix du sanctuaire
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