LE CANAL DE SAÔNE ET LE BASSIN DE CHAMPAGNEY

La digue du bassin de Champagney

Après la défaite de Napoléon III en 1870 à Sedan et le traité de Francfort du 10 mai 1871, la France perd une partie de la Lorraine et l'Alsace (sans Belfort) qui sont intégrés à l'Empire Allemand. Par conséquence, elle perd aussi ses voies de communication fluviales avec le nord de l'Europe : le canal du Rhône au Rhin et le canal de la Marne au Rhin. Pour rétablir ce trafic on décide de construire le canal de l'Est. A cette époque les mines de Ronchamp tournent à plein régime avec une production annuelle de plus de 200 000 tonnes de charbon. Charles de FREYCINET, Ministre des Travaux Publics, obtient un décret de Mac Mahon sur la réorganisation des voies ferroviaires et navigables. Il standardise les dimensions des écluses et définit également le gabarit des péniches. Le 8 avril 1879, il signe le décret qui déclare d'utilité publique, la construction d'un canal reliant Conflandrey à Montbéliard par la vallée de la Lanterne, Ronchamp et Belfort. La jonction se serait faite avec le canal du Rhône au Rhin du coté de Fesches-le-Châtel, soit environ 85 km.

Ce projet prévoyait la construction de plus de 18 écluses tout le long du ruisseau le Brévoux au sud de Ronchamp et Champagney. Ce canal aurait servi, entre autre, à transporter le charbon extrait du bassin ronchampois. Ce projet s'est arrêté à quelques centaines de mètres du puits du Tonnet (1883 – 574 m) avec le percement du tunnel du Chérimont (1330 mètres) et la construction d'une seule écluse (48 mètres X 5,20 mètres) dans la forêt du Chérimont. Une voie ferrée des Houillères de Ronchamp était installée jusqu'à ce puits et aurait pu être poursuivie jusqu'au niveau de la première écluse. Les premiers travaux sont commencés dès 1875. En 1887, seule la partie Est sera terminée. Le tunnel est équipé de 6 puits d'aération et d'évacuation des gaz dont le plus profond mesure 70 mètres. Pour alimenter ce canal et toutes les écluses, il était nécessaire d'avoir des réserves d'eau suffisantes, ce qui fut fait avec la construction du bassin de Champagney qui occupe 106 ha pour un volume d'eau de 13.000.000 m3 retenu par une digue de 785 mètres de long avec une épaisseur de 32 mètres à la base et une hauteur de 36 mètres. A la déclaration de guerre d'aout 1914, les travaux sont loin d'être terminés. Après la guerre le canal du Rhône au Rhin est de nouveau opérationnel et le canal de l'Est devient inutile. Dans l'entredeux guerre d'importants travaux sont réalisés pour rendre la digue plus étanche. L'alimentation du bassin est assurée par un petit canal de 3.5 km prenant l'eau du Rahin à Plancher-Bas. Il faudra attendre 1936 pour obtenir une étanchéité presque parfaite de la digue. De nos jours, une vidange décennale permet de faire les réparations nécessaires. La dernière a eu lieu en 2017. De même tout au long de l'année des visites régulières sont effectuées dans les puits de la digue pour vérifier que celle-ci supporte allègrement le poids des ans en toute sécurité.

Le bassin de Champagney Le système de vidange L'écluse vers 1910 Le plan des écluses L'écluse coté Ouest L'écluse coté Est Le chenal à la sortie du tunnel Le canal muraillé
Le chemin de halage et le tunnel L'entrée du tunnel Le tunnel Au fond la sortie vers Frahier L'entrée du tunnel Carte postale La digue La vidange du bassin
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