LA SOCIÉTÉ ESCAUT ÉNERGIE AUX TERRILS DU CHANOIS

En décembre 1984 la Société Escaut Énergie négocie l'exploitation du terril au sud de Ronchamp et appartenant à la commune de Magny Danigon. C'est une jeune entreprise dirigée par un jeune P.D.G., M. Alain Tournay et son siège est dans le Nord. Dans le Nord-Pas de Calais, le transport des terrils à traiter se faisait par camions. Pour rentabiliser cette activité, les H.B.N.P.C. lancèrent l'idée d'un lavoir léger et déplaçable sur le site même des terrils. Cette solution fut mise en application pour la première fois sur le terril de Blignières de Wavrechain-sous-Denain exploité par Escaut Énergie. Elle récupère le charbon résiduel par un ''relavage'' des terrils. Le procédé consiste à utiliser la différence de densité entre le charbon et le schiste, plus lourd. Le charbon ainsi recueilli, d'assez maigre qualité d'ailleurs, est revendu aux cimenteries essentiellement du Grand Est de la France. Depuis 1975, celles-ci ont opté pour cette énergie au détriment du fuel, devenu trop cher. En 1985 le charbon ainsi exploité est en concurrence, non pas avec le charbon français, noble, mais avec le charbon étranger, notamment celui d'Afrique du Sud.

Escaut Énergie exploite plusieurs terrils en France et projette d'autres implantations en Europe et en Afrique du Nord. Le site de Ronchamp est chronologiquement le deuxième dans la vie de l'entreprise. Mais son importance la place au premier rang. Selon les dires de son P.D.G. l'entreprise espère tirer cinq cent mille tonnes de charbon en sept ans pour une valeur marchande de cent cinquante millions de francs. L'investissement réalisé ici, remarquable par sa technique, est le plus important et le plus moderne d'Europe. Il s'élève à seize millions de francs. Escaut-Énergie a créé vingt-cinq emplois. A cela, s'ajoute les quarante emplois à créer par le sous-traitant STPI de Magny-d'Anigon, qui vient de naitre et qui se charge d'amener les matériaux à l'unité de traitement. Pour le village, cela représente autant de taxes professionnelles. Elle perçoit en outre onze pour cent du prix du charbon ainsi traité. Par ailleurs, M. Tournay a révélé qu'il existe dans le schiste d'autres produits intéressants auxquels il prête attention.

Début mars 1985, il y avait foule sur les anciens terrils pour assister à la mise en route de cette nouvelle entreprise ; des élus locaux, des gens du pays et des anciens mineurs. Cependant, 20 mois plus tard, c'est la fin de cette aventure et tout le personnel est licencié. La société d'exploitation des terrils est confrontée à la baisse du prix du pétrole, et à la concurrence du charbon d'Australie, un comble lorsque l'on songe que celui-ci qui provient, des « antipodes », a la préférence des cimenteries. Le site industriel de séparation charbon-déblais des terrils miniers est démonté pièce par pièce. Tout le matériel est nettoyé et vérifié et sera acheminé en Espagne.

Le mercredi soir 16 avril 1987, un train de vingt-trois wagons est parti de la gare de Champagney. Ce sont 1.250 tonnes de houille extraites par l'entreprise du temps de son implantation jusqu'à la fin 1986, issues des stocks restés sur place aux «anciens triages », ainsi qu'en gare de Champagney, qui sont parties pour la Suisse romande. Ce chargement est, en effet destiné aux « Ciments et Chaux d'Eclepens », probablement en rupture de combustible bon marché. L'opération a été rendue possible grâce au matériel de chargement demeuré sur place en gare de Champagney. Placé sous la responsabilité de M. Etienne, le chef de gare, le lourd convoi ferroviaire, tracté par deux locomotives, est parti à destination de Belfort avant de transiter par Delle. Le village d'Eclépens est situé en plein centre du pays vaudois et la cimenterie a été inaugurée en 1953.

Les trémies de stockage Vue générale des installations Le transport par camions
Vue générale le jour de la mise en route Le chargement des wagons Le dernier train de charbon
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