HISTOIRE DE LA COLLINE DE BOURLÉMONT DE 1938 Á 1955

LA CHAPELLE Á LA LIBÉRATION

Deux ans plus tard, un bruit de bottes venant d’Outre Rhin va plonger le monde dans un conflit qui se terminera en Europe le 8 mai 1945. Le 15 août 1944, les troupes alliées débarquent en Provence pour la reconquête du territoire. Fin septembre, le 2e Bataillon de Zouaves Portés (BZP), des unités du bataillon du Charollais et la 3e compagnie du 1er Bataillon de Choc du Capitaine Lamy livrent de violents combats sur la colline de Bourlémont. C'est probablement dans la nuit du 29 au 30 que la statue de Notre Dame du Haut est descendue de la colline pour être mise en sécurité. Le révérend-père Le Tilly de la 1re Division Blindée dirige l'opération au sommet. Elle est transportée en jeep jusque dans l'église du village de La Côte, libéré depuis le 26 septembre. C'est un ronchampois, Fernand Mechinaud, qui enserre la statue durant ce périple. Une plaque de marbre fixée vers l'hôtel et gravée en lettres d'or porte l'inscription : « La paroisse reconnaissante à N.D. du Haut Souvenir de son séjour en cette église 30-9 à 9-12 1944 ».

Le clocher et la colline sont un excellent observatoire mais aussi une cible de choix pour la Allemands. Le 2 octobre vers 11 heures un canon allemand bombarde l’édifice. Le sanctuaire subit de très gros dégâts, dont le clocher, mais n'est pas détruit. La cloche de 1869, ''Marie Marguerite Florentine'' est criblée de cicatrices. Elle git, affaissée dans le beffroi. La moyenne, ''Jeanne Bernadette'' est intacte. La plus petite ''Anne-Marie Alfrède Bernadette'' s’est tue à jamais. La paix retrouvée, la chapelle est sommairement réparée avec la réfection de la toiture et la construction d’un toit sur le moignon du clocher. Les quatre séraphins sont restés stoïques sur leurs piedestaux. Cependant deux ont été sérieusement touchés. Les deux autres, remis en état et marqués des impacts de balles, veillent sur une tombe au cimetière de Ronchamp.

La chapelle en partie détruite Vue de la façade nord La destruction du clocher Famille Mozer sur la colline
La chapelle sommairement réparée Vue aérienne vers 1950 La plaque souvenir La chapelle sur la colline en 1951

L'APRÈS GUERRE

Just CHIPPAUX, gardien du sanctuaire depuis 1923, construit un beffroi en bois pour y installer et faire sonner les deux cloches survivantes. En 1960 il est restauré car il menaçait de s’écrouler. En 1962 le gardien cesse ses fonctions. En mars 1963 les deux cloches sont enlevées et déposées sur des madriers en attendant des jours meilleurs. En 1974 l’architecte Jean PROUVÉ réalise un campanile. Le 14 novembre le chapelain BOLLE REDDAT définit son emplacement et une entreprise de Ronchamp réalise la fouille les 20 et 21 novembre. Le 23 la fosse est remplie de 70 m3 de béton. Le 27 décembre les piliers du portique en acier sont fixés. Une nouvelle cloche est coulée le 5 février 1975 aux Établissements PACCARD. Elle pèse 530 kg et s’appelle ''Charlotte-Amélie Yvonne Marie''. Le 13 mars elle arrive sur la colline où un engin d’une entreprise forestière locale place les trois filles d’airain sur le campanile. C'est le début d'une nouvelle vie.

Les cloches à terre Les deux cloches recapées Marie marguerite Florentine Charlotte Amélie Yvonne Le campanile de Jean Prouvé

LES PÈLERINAGES

Les pèlerinages à Notre Dame du Haut prennent leurs origines dans la profondeur des siècles. Ils sont cependant attestés depuis le XIIIe siècle et se perpétuent, avec une plus grande ferveur, jusqu’au milieu du XXe siècle. La nouvelle chapelle de l’abbé VAUCHOT attire de plus en plus de pèlerins le lundi de Pentecôte, le jeudi de la Fête dieu et surtout le 8 septembre. À chaque fois ils sont près de 2.000 à venir prier au pied de la statue. Avant la guerre de 1914-1918, les pèlerinages attirent près de 3.000 personnes. Ces chiffrent vont peu à peu s’accroitre pour atteindre 12.000 le 5 juin 1926, 15000 le 8 septembre 1933, 15.000 le 8 septembre 1937. Cependant le chiffre historique de plus de 30.000 pèlerins en 1873 ne sera jamais atteint. Avant l’incendie de 1913, la chapelle renfermait un grand nombre d’ex-voto ; béquilles, cannes, bâtons, médailles, chapelets, croix, plaques de marbre, photographies, etc…Dans l’entre deux guerre ce rituel continue mais s’éteindra en 1955 avec la nouvelle chapelle de LE CORBUSIER.

La statue de la vierge mesure environ 1, 30 mètres de haut et date du XIIIe ou XIVe siècle. Elle est sculptée dans un bois dur mais sans grande finesse. Sur son bras gauche elle tient son enfant vers lequel elle incline la tête. Elle est recouverte d’un riche vêtement semé de broderies. Un grand cœur vermeil brille sur sa poitrine comme sur celui de l’Enfant Jésus. «Son regard semble s’abaisser du ciel sur la terre et appeler les cœurs en haut. Il est plein d’une aimable douceur qui va à l’âme de pèlerins comme une douce rosée du calice des fleurs. »

Les faits miraculeux attribués à la Vierge Marie sont disponibles ici: miracles

LA NOUVELLE CHAPELLE LE CORBUSIER

Le 28 octobre 1946, une loi pose le principe de la réparation des dommages matériels et directs causés aux biens mobiliers et immobiliers, personnels et professionnels, par les faits de guerre. Les propriétaires du site se regroupent afin de percevoir les indemnités. Ils empruntent alors les sommes nécessaires pour financer le solde des travaux de reconstruction qui étaient envisagés à l’époque. Ils créent une Société Civile Immobilière le 26 septembre 1949. On envisage de rebâtir une chapelle plutôt que de faire une simple restauration. La commission diocésaine d’Art Sacré de Besançon souhaite une complète reconstruction. Des projets voient le jour mais c’est celui de Le Corbusier qui est retenu. Les maquettes sont présentées en 1950 et le chantier débute après le 8 septembre 1953. La première pierre est bénie le 4 avril 1954 par Mgr BÉJOT, Évêque de Cassandria (ville grecque de Macédoine), puis de Reims en 1954. Le 25 juin 1955, l’inauguration officielle est célébrée par monseigneur DUBOIS. Une fois encore, avec ses mots et ses encres, une nouvelle histoire vient de naître.

Un séraphin La fixation des ailes L'ange et la brouette La première pierre La construction de la chapelle
Les travaux en 1955 L'utilisation des anciennes pierres Plaque commémorative Carte postale de l'évènement Notre Dame du Haut
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