LES ATELIERS DANS LA PLAINE DU CHANOIS

LA PRÉPARATION MÉCANIQUE DU CHARBON

Les lavoirs et le  broyage

A côté du service d'extraction proprement dit, il a fallu créer un atelier de préparation mécanique des charbons, permettant le classement par grosseurs et l'épuration mécanique des charbons extraits. Ce service est tout particulièrement important à Ronchamp où les houilles sont en général barrées et ne pourraient être livrées directement à la clientèle.
En 1852, tous les principaux puits sont reliés entre eux par un réseau de voies ferrées dont le terminus est la gare d’expédition du charbon installée à proximité du Puits Saint Charles. A cette époque la voie ferrée Paris Bâle va bientôt traverser Ronchamp.
En 1888, une voie ferrée est installée entre le puits du Magny et la partie supérieure des ateliers du Chanois. En 1900 cette voie sera poursuivie en direction du puits Arthur de Buyer qui entre en exploitation. Un tunnel de 400 mètres de long va permettre cette liaison.

Un atelier central unique traite tous les produits qui arrivent des puits dans les chariots d'origine, formés en convois remorqués par de petites locomotives. Cet atelier était situé dans la plaine du Chanois, il est desservi par un réseau de voies permettant l'arrivée pour le chargement des combustibles des wagons de la Compagnie des Chemins de Fer de l'Est.
Les trains de bennes de charbon arrivent à la partie supérieure de l'atelier; ils sont culbutés dans des trémies servant de régulateur et de distributeur à des cribles à secousses à grande vitesse, qui classent les produits en deux catégories; la plus fine va directement aux lavoirs à charbon grâce à des courroies de transport; la plus grosse circule sur des nappes sans fin horizontales; elle est triée à la main par des femmes placées de part et d'autre. Ce criblé trié est chargé directement en wagon pour la vente s'il est suffisamment purifié; dans le cas contraire il est concassé en morceaux de moins de 7 cm de grosseur pour être lavé et donner les différentes sortes de gaillettes qui de plus en plus sont préférées par la clientèle. Le lavage des concassés et des fines s'opère dans un lavoir à charbon du système Baum permettant de traiter 50 à 60 tonnes à l'heure. Il donne comme produits:

1° les fines à coke qu'un appareil égoutteur automatique transporte dans les silos, où elles attendront leur utilisation;

2° les diverses qualités de gaillettes lavées dont les grosseurs sont échelonnées de 15 à 60 mm;

3° les barrés ou mixtes de lavage, qui sont lavés à nouveau après broyage et qui permettent de récupérer ainsi une certaine quantité de charbon utilisable;

4° les schistes purs qui sont rejetés;

5° les boues de lavage ou schlamms que l'on retrouve après dépôt et décantation de l'eau ayant servi au lavage et qui constituent un combustible de très basse qualité

Le transport des produits finis se fait au moyen de locomotives roulant sur des voies dont l'écartement est aux normes S.N.C.F., entre le puits du Magny, le site du Chanois et la gare houillère vers le puits Saint Charles.

LES FOURS Á COKE

Les fours à coke

C'est en 1862 que Ronchamp se préoccupa sérieusement de la question de la fabrication du coke; des essais furent réalisés d'abord dans des fours dits « de boulanger » puis la fabrication commença en utilisant des fours verticaux de grand volume au puits Saint Joseph. Ces fours verticaux cédèrent la place à des fours belges horizontaux, qui a leur tour furent remplacés par d'autres plus perfectionnés qui furent installés à côté de l'atelier de lavage.

En 1913 fut décidée la construction d'une batterie tout à fait moderne comprenant 28 fours horizontaux, avec récupération de sous-produits. Cette construction allait se faire tout naturellement à coté de la préparation mécanique de la houille. L'achèvement en fut retardé par la guerre de 1914. L'installation n'a pu être mise en route qu'en 1920; elle permettait de traiter par jour 175 tonnes de menus fins lavés pouvant fournir de 130 à 135 tonnes de coke. Les fours à coke en cartes postales.

Le défournement du coke s'opère au moyen d'un bouclier à crémaillère horizontale, mû électriquement. Le coke incandescent tombe sur une aire inclinée, où il est refroidi par des jets d'eau avant de tomber dans les wagons de chargement. Les gaz provenant de la carbonisation de la houille sont d'abord traités en vue de les séparer du goudron qu'ils entraînent. Un atelier spécial traite les gaz débarrassés de goudron, pour en extraire l'ammoniaque et fabriquer du sulfate d'ammoniaque pour l'agriculture. Après cette manipulation les gaz sont traités pour en retirer le benzol dont ils sont chargés. Celui-ci recueilli impur est purifié par lavage et distillation avant d'être livré au commerce sous diverses formes. Enfin le résidu gazeux restant après toutes ces opérations successives est un combustible dont on utilise les calories d'abord pour chauffer les fours à coke; ensuite pour produire de la vapeur en le brûlant sous des chaudières spécialement aménagées.

LA CENTRALE ÉLECTRIQUE

La centrale éléctrique

C'est en 1905 que fut décidée la construction d'une usine de production et de distribution d'énergie électrique. Le but était d'abord d'utiliser la quantité toujours croissante des déchets de lavage, combustibles mais non vendables qui ne pouvaient plus être consommés en totalité par les chaudières de la mine. De plus la concurrence étrangère devenait de plus en plus redoutable. D'autre part, des usines d'énergie hydroélectrique étaient en projet dans la région menaçant de réduire encore les débouchés de la Houillère. Les débuts de la Centrale électrique de Ronchamp furent modestes, mais son aménagement fut étudié en vue de rendre possible des développements ultérieurs. Tout d'abord trois turbines à vapeur Zoelly accouplées directement à des alternateurs de 1500 kilowatts furent installées. Deux de ces appareils devaient servir en marche normale.
Pour l'alimentation de ces turbines, deux batteries de cinq chaudières de 250 mètres de surface de chauffe, semi tubulaires avec surchauffeurs et réchauffeurs Green furent construites. Le courant primaire à 5000 volts et 50 hertz était survolté à 30.000 V par des transformateurs statiques de 1500 kW de puissance à l'exception de celui qui était envoyé directement aux cabines de distribution du voisinage. A peine cette usine fut elle construite qu'il fallut songer à l'agrandir par suite du développement rapide des ventes d'énergie. Une nouvelle turbine de 3000 kW fut installée avec les chaudières correspondantes pourvues de foyers automatiques. Mais les déchets de lavage ne suffisaient plus à alimenter les chaudières de la Centrale, il fallut consommer du charbon vendable. Le réseau de distribution se développait en longueur en même temps qu'augmentait la densité de la distribution. Un traité fut conclu avec une société d'énergie hydro-électrique suisse pour la fourniture à la Société de Ronchamp de quelques milliers de kilowatts destinés à augmenter d'autant les disponibilités de celle-ci.

Cela entraîna l'installation à Réchésy, d'une station de réception et de mesure de ce courant et la construction d'une ligne allant de cette station à celle de Belfort où devait s'opérer l'abaissement du voltage de 55.000 à 30. 000 volts. La guerre de 1914 survint au moment où la société suisse commençait les livraisons. Après l'armistice, la marche du service électrique prit un nouvel essor, de nouvelles quantités d'énergie hydro-électrique furent nécessaires, exigeant comme contre partie le développement de la Cen­trale à vapeur pour assurer la sécurité de la distribution. L'installation d'un alternateur de 6000 kW de puissance fut décidée et le projet étudié en vue de permettre facilement et ultérieurement l'installation d'une nouvelle unité de puissance au moins égale.

En 1924 après l'achèvement des travaux en cours le Service Électrique de Ronchamp comprendra les installations suivantes:

une salle des machines desservie par un pont roulant électrique et contenant:

- 3 turboalternateurs de 1500 kW

- 1 turboalternateur de 3000 kW

- 1 turboalternateur de 6000 kW

un bâtiment pour la transformation, la distribution et le contrôle du courant produit par les alternateurs :

le hall des chaudières avec:

- 4 batteries de 5 chaudières qui évacuent leurs fumées dans deux cheminées de 50 mètres de hauteur.

Les feeders de départ constituent les grandes artères de la distribution de l'énergie; ils comprennent principalement en dehors du feeder d'arrivée à 55.000 volts, les lignes à 30.000 volts sur Giromagny, Belfort, Plancher-les-Mines et Plancher-Bas, Lure, Remiremont, Le Thillot, etc., plusieurs établis en double ou en boucle, et se soudant à des lignes de transports de Sociétés électriques voisines. Tous ces feeders sont en cuivre électrolytique et sont supportés par des pylônes métalliques.
Les sous stations de transformation reçoivent le courant amené par les feeders, où on le ramène en grande partie à 5000 volts pour être distribué ainsi aux gros consommateurs ou être envoyé aux cabines de distribution qui le répartissent après l'avoir transformé en 240 volts. Ces sous-stations de transformation sont établies â Belfort, Frahier, Giromagny, Plancher-Bas et Plancher-les-Mines, Lure, Luxeuil, Fougerolles, Val d'Ajol, Le Thillot, Plombières, etc...

Le nombre des localités desservies est de 62.

Le nombre de clients est au total de 5500 pour l'éclairage et de 650 pour la force motrice représentant une puissance de 17.245 kilowatts exigeant un nombre de transformateurs de 250 et 3500 compteurs environ.

Le réseau est formé de 60 km. de lignes à 55.000 volts, 240 km. de lignes à 30.000 volts, 200 km. de lignes à 5.000 volts, 100 km. de lignes à basse tension, soit au total environ 600 kilomètres de lignes et la production de courant a été de 22 à 37.000.000 KW par an jusqu’en 1950.

LA DÉPOSE DE LA LIGNE H.T. RONCHAMP-PLOMBIÈRES EN 2010

Plaque indicatrice du pylone Le pylone d'avant-guerre Câbles suspendus aux poulies Dépose du pylone
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